Economie 2.0 : nuages en vue !
C’est la question que nombre de blogueurs commencent à se poser à la suite d’un court article paru ces jours-ci dans le Financial Times et sobrement intitulé : « Le Web 2.0 ne rapporte pas d’argent ». Pour le célèbre journal britannique, il commence à devenir clair, alors que le mouvement du web participatif a été lancée il y a plus de quatre ans, que la plupart des entreprises qui ont développé leur activité dans ce domaine n’ont toujours pas trouvé de modèle économique.
Or, le ralentissement de l’économie américaine risque fort d’avoir des répercussions sur le niveau d’investissements nouveaux dans ce secteur, jusqu’alors toujours en croissance. L’illusion dissipée, nombre d’entreprises seront conduites à fermer leurs portes, selon les analystes interrogées par le Financial Times. Pourtant, conclut l’article, l’adoption par un nombre croissant d’utilisateurs de nouveaux services, comme Twitter, sont le signe d’une augmentation globale et rapide des usages sociaux en ligne dans une part croissante de la population ; signe qu’en ce qui concerne les usages, le Web 2.0 représente une réalité qui n’est pas artificielle.
Ce qui semble artificiel en revanche, c’est la multiplication accélérée de nouveaux services Web 2.0 toujours plus pointus. Le blog Techcrunch s’est fait une spécialité d’en suivre l’actualité, et la vitesse avec laquelle ils surgissent ressemble de plus en plus à ce qui s’est passé avant l’éclatement de la bulle Internet en 2000 : toujours plus de start-ups, offrant des services toujours plus improbables, avec des perspectives de rentabilité toujours aussi nulles.
Pour en revenir plus précisément à la question du modèle économique, plusieurs éléments inquiétants semblent se conjuguer. Ainsi par exemple, Read Write Web rapporte que l’affaiblissement de la croissance économique aux Etats-Unis entraîne une diminution des revenus publicitaires en ligne dans ce même pays, ce qui est une situation nouvelle : habituellement, les périodes économiques plus difficiles étaient plutôt favorable à la publicité en ligne, réputée moins chère que son équivalent dans la presse écrite ou les médias audio-visuels.
Plus profondément, c’est toute la logique de production de contenus propre au Web 2.0 qui semble remise en cause. Car si les UGC (« user generated contents ») alimentent un usage communautaire des sites et services, il semble malgré tout difficile de se passer totalement des contenus produits par les industries culturelles pour obtenir de grosses fréquentations. Or, la mise en relation, sur les plate-formes collaboratives de l’un et de l’autre est aujourd’hui empêché par plusieurs éléments : d’abord, le droit d’auteur qui restreint les usages sur les oeuvres. Ce n’est pas un hasard si l’un des promoteurs du Web 2.0, Michael Arrington a récemment demandé sur son blog Techcrunch une révision de la loi sur le copyright. Cette mise en relation est ensuite empêchée par l’absence de modèle de rétribution dans l’état actuel des choses. Récemment interrogé par Ecrans, Gilles BianRosa qui tente de développer un réseau de peer to peer payant l’a récemment confirmé : la demande pour des contenus audio-visuels payants sur ce type de réseau est encore quasiment nulle.
On pourrait évoquer pour finir la question des réseaux sociaux. Le cas de Facebook illustre bien tout le paradoxe et le cul-de-sac économique dans lequel le Web 2.0 semble s’être empêtré. Concurrencé par l’initiative Open Social proposée par Google, la plate-forme est face à un dilemme : jouer la stratégie inverse, en fermant son réseau sur lui-même, ou l’ouvrir, sur le même modèle qu’OpenSocial via son API. Le problème, argumente Bernard Lunn dans Read Write Web, c’est qu’il n’existe pas encore de modèle économique pour l’une et l’autre voies ; et que Facebook, du fait de sa capitalisation surestimée, est coincé entre les deux.
Source de l’article gracieusement mis à disposition par Piotrr.


















ouvrir
Add New Comment
Thanks. Your comment is awaiting approval by a moderator.
Do you already have an account? Log in and claim this comment.
Add New Comment
Trackbacks
(Trackback URL)